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Nous vous écrivons cette lettre parce que nous pensons que le document financé par le ministère de la santé (ci-dessus), censé avoir une
vertu éducative ... est insultant.
Il est dévalorisant pour le personnel et dégradant pour la clientèle. Résumer
ainsi le rôle de nos lieux est primaire, sexiste et discriminatoire.
Nous pensons plutôt que, dans un bar, on peut :
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venir briser sa solitude, trouver une écoute,
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lorsqu'on est le grand-père d’à côté, trouver de l'aide pour remplir ses documents administratifs,
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rire avec d'autres des petites mésaventures de la vie,
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côtoyer un maçon salarié lorsque l'on est thésard d'histoire au chômage, refaire le monde avec un rmi'ste,
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voir un spectacle, une exposition, écouter de la musique sélectionnée et non pas déversée de façon irréfléchie afin de
remplir l'espace
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lire de la presse écrite intéressante, pas forcément des papiers people, nos lieux ne sont pas des salles d'attentes
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échanger des savoirs, de la connaissance et des expériences,
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prendre un verre sans se faire harceler par les « dragueurs de Miami »,
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avoir des conversations intelligentes, des débats,
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réfléchir à la politique locale, nationale et internationale, bref s'intéresser avec d'autres à la citoyenneté,
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rencontrer des professionnels dans les lieux, au regard ouvert et dont les clients ne lorgnent pas les fesses.
Et nous pensons également que dans un bar on ne peut pas, parce qu'il n'est pas tolérable d'encourager les pratiques suivantes
: « faire semblant de lire le journal pour mâter peinard la serveuse, ou encore raconter des blagues sur les blondes ...à des brunes » et plus généralement tenir des propos
racistes, sexistes ou homophobes.
Bref, nos bars ne sont pas des défouloirs à bêtise, des foires aux abrutis en rut mais des lieux de rencontres,
d'échanges, de partages, de solidarité, de culture et de convivialité.
Par ailleurs, nous attirons votre attention sur le fait que cette loi anti-tabac pose d'importants problèmes d’application
concernant plusieurs points :
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la perte évidente de chiffre d’affaires (diminution des pauses café, préférence pour les terrasses équipées,
opposition à la loi par les fumeurs qui représentaient plus de la moitié de la clientèle)
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lorsque l'on est responsable d'un bar, seul au service et fumeur de surcroît il devient difficile pendant les pauses
cigarette de veiller à l’application de toute la réglementation qui nous incombe au sein du lieu
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accroissement des inégalités entre les bars du fait de l'impossibilité technique et/ou financière pour les lieux
possédant peu de moyens, d’installer des cabines fumeurs ou des terrasses chauffées
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indécence de chauffer le trottoir alors que le réchauffement de la planète est un danger (nous songeons ici au Grenelle de
l'environnement …)
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les clients à mobilité réduite peuvent difficilement opérer les allées et venues
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la présence de nos clients sur les trottoirs pose des problèmes de sécurité et gêne notre voisinage
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les quelques personnes qui, profitant de la nécessité de sortir pour fumer, partent sans payer. Se protéger de cela
induirait de faire payer immédiatement les consommations, ceci n'est pas dans nos pratiques et entamerait la relation de confiance avec l'essentiel de la clientèle qui est
bienveillante.
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les discussions entre fumeurs et non fumeurs, sans cesse interrompues.
POUR UN AMENAGEMENT DE
LA LOI ANTI-TABAC
Ainsi, Madame la Ministre, cette loi ne correspond ni à la réalité de nos lieux, ni à celle de nos clients. Elle nous pose de
graves problèmes qui risque, d'ici peu, de mettre en danger un certain nombre d'établissements. C'est à dire, réduire notre masse salariale, rentrer en conflit avec le voisinage,
augmenter nos prix de vente et, finalement, fermer nos bars et licencier tous les salariés. Tout ceci nous semble aller à l'encontre des objectifs politiques qui ont été fixés (pouvoir
d'achat, lutte contre le chômage, citoyenneté, développement durable, politique de
civilisation, ....).
Ainsi, nous souhaitons pouvoir vous exprimer de vive voix tout cela et envisager avec vous
les solutions viables qui permettent d'enrayer les problèmes liés à l'application de cette loi
dont nous ne contestons pas les fondements.
PREMIERS ETABLISSEMENTS SIGNATAIRES
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L’Apéro Rock (31, rue Ste Geneviève, Lyon 6eme)
Le Bec de Jazz (19 rue Burdeau Lyon 1er)
Le Café-Lecture, Les Voraces (2, rue Camille Jordan, Lyon 1er)
Le Dahu des Pentes (5, rue Burdeau Lyon 1er)
Kraspek-Mysik (20, Montée St Sébastien Lyon 1er)...
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Pour les établissements qui souhaitent rejoindre le collectif des bars et des lieux culturels :Envoyez les coordonnées
complètes de votre établissement
Par mail à collectifblc@gmail.com
Ou par courrier : COLLECTIF DES BARS ET DES LIEUX CULTURELS
27 RUE BOUTEILLE - 69001 LYON
Merci de faire circuler ET SIGNER
l’information aux lieux.
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